La laïcité et le questionnaire du R.A.P.P.E.L.: ce que les candidats en disent

Nous publions ici les commentaires postés par certains candidats en marge de leurs réponses à notre questionnaire.

Pour rappel, les propositions avec lesquelles nous demandions aux candidats s’ils étaient en accord étaient étaient les suivantes :

1. Le fait pour un agent public (employé communal, CPAS, hôpitaux publics,…) de manifester ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques, dans l’exercice de ses fonctions, constitue un manquement à ses obligations.

2. Les usagers des services publics ne peuvent exiger une adaptation du fonctionnement du service public ou d’un équipement publics à leurs convictions particulières, qu’elles soient d’origine religieuses ou ethniques. Ils ne peuvent récuser un agent public en invoquant des motifs analogues.

3. La critique des religions (qui ne peut être considérée comme du racisme, mais bien comme une confrontation d'idées) ne peut être réprimée par la loi, car il s’agirait d’une restriction inacceptable à la liberté d’expression.

4. À l’heure actuelle, les communes ont l’obligation de financer les fabriques d’églises et établissements assimilés pour les cultes protestants, anglicans et israélites, et de fournir un logement au curé, pasteur ou rabbin. Or, l’Etat, et en particulier la commune, n’ont pas à financer les cultes en tant que cultes (en ce compris la promotion de l’athéisme), mais seulement les aspects de ceux-ci qui ont une utilité sociale avérée.

5. L’article 17 du Traité de Lisbonne prévoit depuis 2009 l’obligation d’un « dialogue ouvert, régulier et transparent » (sic !) de l’Union européenne avec les cultes et organisations philosophiques non confessionnelles. Cette disposition est en soi une entorse inacceptable à la séparation des cultes et des pouvoirs publics.

6. L’école n’a pas à connaître l’appartenance religieuse ou philosophique des élèves ou de leurs parents, ni encore moins à les diviser sur cette base. Les cours de morale et de religion dans l’enseignement officiel devraient donc être remplacés par un seul cours rassemblant tous les élèves, où pourraient être abordées des questions touchant à la citoyenneté, au développement du jugement moral, à l’éducation affective et sexuelle, à la philosophie, au fait religieux, etc.

7. Il n’est pas acceptable que le contenu des cours ou des éléments de l’organisation de la vie scolaire soient aménagés pour des motifs liés à la religion.

8. La laïcité de l’Etat garantit à tous une égale liberté de conscience. De ce fait, elle protège chaque citoyen, croyant ou non, et devrait figurer dans la Constitution belge.

9. La liberté de conscience doit être un droit absolu ne devant conduire à aucune forme de discrimination. Mais cette liberté n’équivaut pas à une liberté d’expression et d’action absolue motivée par des prescrits religieux. Autrement dit, la loi doit être la même pour tous et ne consacrer aucune exception religieuse.

10. Les signes d’appartenance philosophique, politique ou religieuse devraient être interdits au sein des établissements scolaires (pour les élèves comme pour tous les membres du personnel).

 

Nous reproduisons ici tous les commentaires suscités par notre questionnaire, classés par ordre décroissant de résultat (les candidats s’étant déclarés en accord avec toutes nos propositions apparaissant donc les premiers).

Entre parenthèses après leur nom, vous trouverez successivement : la commune dans laquelle ils se présentent, le nom de leur liste, leur résultat à ce questionnaire et enfin, le cas échéant, les numéros des réponses pour lesquelles soit ils se sont abstenus, soit ils se sont déclarés en désaccord.

 

Clajot Dominique (Evere – LB – 10)

La question 4 ne me parait pas très claire dans sa formulation.

J'espère avoir bien indiqué que je pense que l'état n'a pas à financer les croyances de qui que ce soit.

Doempke Burckhard (Bruxelles – Ecolo-Groen – 10)

Je suis d'avis que l'humanité entière se porterait mieux sans les superstitions religieuses.

Dubois Claudine (Bruxelles – MR – 10)

TOUS les préceptes d' une laïcité vraie - qui n' a strictement rien à voir avec avec toute forme d' "anti...." n' importe quoi primaire et déplacé , seront TOUJOURS pour moi la garantie du respect humain et d' une volonté DE VIVRE ENSEMBLE SEREINEMENT . ( s ) Claudine DUBOIS qui persiste et signe .

Ennay Mohammed (Schaerbeek – FGS – 10)

L’un des fondements de l’action du Front de Gauche Schaerbeekois est le principe de la laïcité politique, qui implique la séparation de l'État et des religions.

La laïcité politique constitue la condition essentielle pour assurer la cohabitation harmonieuse des citoyen/ne/s dans la société, parce qu’elle garantit la neutralité des pouvoirs publics en matière de conviction philosophiques ou religieuses.

En effet, pour qu'une société soit pluraliste, c'est-à-dire respectueuse de la liberté de conscience de chacun/e, il est nécessaire que l'État et ses institutions (en ce compris les services publics) s'obligent à une totale neutralité à l'égard des croyances religieuses et de l'incroyance.

Loin donc de s’y opposer, la laïcité politique affirme le libre exercice de toutes les options philosophiques ou religieuses dans la vie privée. Elle reconnaît et garantit la liberté de chacun/e de pratiquer ses convictions religieuses ou philosophiques à l’intérieur des limites des lois de l'État.

La laïcité politique permet de rassembler tou/te/s les citoyen/ne/s, dans le cadre de la vie publique sur les valeurs universelles.

Fagbemi Affiss (La Louvière – PS – 10)

La laïcité est un bien précieux, je refuse d'agir sur base de règles religieuses.

François Sophie (Uccle – MR – 10)

Question 5 : "entorse" suffirait à la place de "entorse inacceptable".

Freson Pascal (Evere –FDF –10)

J'ai envie de dénoncer, avec force, que la laïcité perd chaque jour du terrain au profit d'un obscurantisme galopant.

La liberté d'expression est aujourd'hui montrée du doigt, alors qu'elle est indissociable de la liberté de penser et donc la meilleure garante des croyances individuelles et des valeurs portées par chacun d'entre nous, que ce soit au travers de l'engagement politique, social ou même religieux.

Tout au long de mon mandat de conseiller communal, je me suis toujours abstenu sur les questions liées au financement des cultes afin de marquer clairement la séparation entre les pouvoirs publics (et derrière ce concept, la notion d'Etat) et le "religieux". Refuser les comptes des fabriques d'Eglise, c'est pour moi avaliser le principe d'intrusion et affirmer la liaison qui existe entre les deux, ce qui est contre ma notion de laïcité et neutralité de l'Etat.

Je suis inquiet pour mes enfants, pour l'avenir de notre jeunesse, pour la survie même de cette démocratie qui m'est chère. La religion et sa pratique ressortent de la sphère privée et ne doivent en aucune manière interférer sur l'organisation de l'Etat, son administration et son enseignement. En aucun cas, les croyances propres à chaque individu ne peuvent être contraires, dans l'exercice de la citoyenneté de tout un chacun, aux valeurs universelles de liberté, de responsabilité et de solidarité.

Gasia Christophe (Etterbeek – FDF – 10)

L'égalité des citoyens et celle entre les femmes et les hommes passent par la laïcité du secteur public.

Guillaume Bernard (Schaerbeek – LB – 10)

Tout d'abord une petite nuance; tant que les communes restent à tort dans l'obligation de subvenir aux besoins des fabriques d'église, il est normal qu'elles subsidient d'autres cultes.Pour le reste vous trouverez sur mon FB confirmation de mes idées en matière de laïcité des pouvoirs publics,de droit à la critique des religions,d'attitude de l'UE à l'égard des religions et philosophies etc. Je suis d'ailleurs membre de votre organisation depuis plusieurs années .

Guillite Bernard (Namur – MR – 10)

À mon initiative le Conseil communal de Namur du 13 septembre 2010 a marqué son accord sur une modification du statut des agents communaux portant interdiction du port de signes convictionnels distinctifs par le personnel communal.

D'autres élus sont-ils disposés à prendre une initiative identique ?

www.guillitte.be

Hansenne Sandra (Courcelles – MR – 10)

Je suis pour une stricte différentiation des cultes et de l' Etat....soit , pour l'établissement dune laïcité politique telle celle promue par la loi de 1905 en France !

Hardy Christophe (Auderghem – LB – 10)

La question 5 (traité de Lisbonne) manque un peu de nuance. Il n'est pas obligatoirement inconcevable que l'Etat (au sens large, ici l'Union européenne) dialogue avec les corps constitués de la société (en ce compirs éventuellement les organisations religieuses), le dialogue n'emportant pas en soi une quelconque soumission au fait religieux.

Jadoul David (Charleroi – PS – 10)

A la question 4: il est évident que l'Etat ne devrait financer aucun cultes ni la Laicité. Mais tant que les cultes en bénéficient il me paraît logique que la laicité organisée en bénéficient également.

Le système de calcul du financement n'est plus en adéquation avec la vérité sociologique.

A terme je suis favorable à ce qu'aucun financement ne soit prévu et ce pour tout le monde!

Pourtois Christophe (Bruxelles – MR-VLD – 10)

La séparation totale de l'Etat et de l'appartenance comme de la pratique religieuse constitue un postulat indispensable à la bonne organisation de notre société et garantit le plein épanouissement individuel quelque soient les choix personnels.

Je plaide en matière de financement par les pouvoirs publics pour le seul entretien des édifices patrimoniaux et pour la réduction des impôts de la quote-part relative au financement des cultes pour ceux qui ne souhaitent aucun financement.

Stalas Jean (St-Gilles – FDF – 10)

C'est initiative que je trouve intéressante.

Juste quelques observations sur" mon vécu" : trouvez vous normal que dans certaines écoles officielles on ne sert à la cantine que de la nourriture hallal ?

Trouvez vous normal que Charles Picqué achète via la Région des terrains en vue d' agrandir une mosquée?

Trouvez vous normal de trouver des dépliants électoraux socialistes dans une mosquée à Saint Gilles ???

Merci pour votre avis

Tolstoï Grégoire (Ixelles - MR –10)

La laïcité est la garantie de la liberté de conscience de chacun, religieux ou pas. La religion doit être une liberté qui relève de la sphère privée. Dans le domaine de l'Etat seule la neutralité doit être de mise.

Vandevelde Michel (Evere – LB – 10)

Certaines affirmations mériteraient des nuances, nous sommes en effet arrivé à une situation où l'imposition autoritaire des règles de liberté de pensée provoquerait des incidents graves qui nuiraient à ce qui reste de liberté de pensée.

J'espère que le temps permettra d'éclairer ceux qui croient et que l'extrême droite ne capitalise pas sur base des positions de laïcité.

Il n’y a aucun point commun entre la liberté de pensée et l'islamophobie.

Verzin Georges (Schaerbeek – MR – 10)

que je tiens particulièrement au respect intégral de la séparation entre l'Eglise et l'Etat, la liberté de croire ou de ne pas croire ne s'exerce que dans la sphère privée de chacun et ne doit en aucun cas interférer avec l'organisation de la sphère publique au niveau de l'Etat ou des autre entités publiques comme aussi dans les établissements d'enseignement qui dépendent des pouvoirs publics; de surcroit les principes contenus dans la déclaration universelle des droits de l'Homme comme l'égalité entre les sexes doivent avoir la primauté absolue sur quelque conviction particulière que ce soit;

Vivier Céline (Bruxelles – MR – 10)

Tout cela fait partie des choses pour lesquelles je me bats depuis longtemps et continuerai à me battre au nom de nos valeurs qui sont la base du vivre-ensemble.

Wégimont Francis (Neupré – PS – 10)

Les évènements précédents et actuels (tenant compte du film "à la con" et des réactions qu'il provoque) démontre, une fois encore, la pertinence de mes positions !

Willemart Bruno (Namur – MR – 10)

La liberté d'exercer sa religion doit être garantie, c'est une liberté fondamentale, mais les convictions font partie du domaine de la vie privée des gens. Le port de signes convictionnels doit être interdit dans l'exercice de l'autorité publique qui doit faire preuve de la plus grande neutralité. Ce principe ne signifie nullement faire table rase de notre histoire et de notre culture.

Wolteche Claude (Rebecq – FDF – 10)

Voilà 10 questions où la simple raison se doit de répondre OUI.

 

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De Decker Joël (Waterloo – PS – 9 / 5)

Pour la question 5: Votre position montre une méconnaissance du fonctionnement des institutions européennes. Le lobbying est un des plus vieux métiers du monde, il est inévitable et il vaut mieux l'organiser publiquement.

Granville Vincent (Nivelles Province – FDF – 9 / 4)

Extrait de mon site internet www.vincentgranville.be (mes idées - Une société libre et solidaire) :

Chacune et chacun doivent également pouvoir choisir librement son mode de vie, sans subir de pressions ou contraintes extérieures autres que celles nécessitées par le respect de la liberté d’autrui.

A cet effet, la Laïcité de l’Etat est un garant indispensable de nos Libertés. Contrairement à une croyance fausse, la Laïcité ne s’oppose nullement aux croyances Religieuses mais préserve la Liberté d’opter ou non pour une Religion.

Au niveau de la question 4, ma réponse est nuancée dans le sens où, d'une part, le financement des Fabriques provient d'une compensation suite à la confiscation de biens et, d'autre part,le fait que les Eglises font partie intégrante de nos villes et villages et constituent un témoin architectural du passé.

Lugowski Dominique (Awans – PS – 9 / 4)

La formulation de votre question 4 ne me permet pas de répondre.

Par contre, j'ai beaucoup de difficultés à admettre que l on puisse mettre sur le même pied d égalité les dogmes et la philosophie, pour moi c'est une erreur ! La philosophie est Universelle.

Devra t on bientôt mettre aussi la Culture dans le même sac ?

Une seule règle : les croyances sont de la sphère privée uniquement. Aucune dérogation.

Stassen Nicolas (Berchem-St-Agathe – FDF – 9 / 4)

Je suis particulièrement sensible à cette question de la laîcité et j'ai d'ailleurs pris une position publique à ce sujet en tant que fonctionnaire fédéral. Je n'hésiterai pas à faire clairement des déclarations à ce sujet et à défendre fermement ces principes durant mon mandat, si les citoyens m'accordent leur confiance.

Teitelbaum Viviane (Ixelles – MR –9 / 4)

Que certaines questions ne pas claires ou mélangent parfois différents aspects; on peut être laïque et ne pas partager la formulation.... mais soit!

 

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Plasman Olivier (Bruxelles – PS-SPA – 8 /2-10)

Bonjour, la question 7 mélange deux choses : le contenu des cours et l'organisation de la vie scolaire. Je ne suis évidemment pas d'accord que l'on touche au contenu des cours ! Par contre je pense qu'une certaine souplesse peut être possible dans l'organisation de la vie scolaire :cantine, horaire..

Mais pas question de toucher au pédagogique, pas question d'exempter de certains cours etc...

Meme chose pour la question 2 : pas question de pouvoir récuser un agent de la fonction publique. Mais une flexibilité dans l'organisation de certains services aux citoyens pourquoi pas ? Cfr. Repas du CPAS

Pour la question 10, les élèves doivent avoir le droit de porter de signes d'appartenance religieuses, philosophiques ou politiques. On ne peut pas empêcher un élève de porter un t-shirt de Che Guevara ou un signe Peace and love ou encore un croix. Par contre le personnel de l'école est tenu à la neutralité.

Merci pour ce questionnaire !

Olivier Plasman (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Ries Frédérique (Bruxelles – MR-VLD – 8 /5-10)

La dérive communautariste mine cette campagne électorale des communales 2012. Les Etats majors politiques doivent revenir à la raison, faire en sorte que les candidats retenus sur les listes électorales le soient sur base de critères objectifs ou pouvant faire l'objet d'un contrôle: mérite, assuiduité, capacité de travailler en équipe, représentativité d'un métier ou d'un secteur associatif, notoriété. Bref, il faut "faire marche arrière" et revenir aux fondamentaux qui forgent le socle de nos valeurs démocratiques.

Sauvage Claude  (Nivelles- FDF – 8 / 3–5)

Chacun est libre de croire ou de ne pas croire, mais chacun doit respecter le choix de l'autre. La liberté d'expression ne doit pas autoriser de faire n'importe quoi ! Se moquer ouvertement et publiquement au nom de la liberté d'expression d'un dieu quelconque n'est pas acceptable. C'est comme se moquer de la mère ou du père, ou d'une autre personne, cela blesserait gratuitement et c'est à proscrire énergiquement.

 

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Willems Paul (Saint-Gilles – Egalité – 5 / 1-2-6-7-10)

Le contenu des cours ne doit pas être décidé par la religion, mais il rien n'empêche de tenir compte de ce qui représente un apport positif de la part de la religion... et d'en débattre éventuellement.

 

 

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