Communiqué de presse suite à la votation suisse du 9 février 2014

Votation du 9 février en Suisse : droit des femmes préservé, mais trop ignoré dans les commentaires

 La votation de ce dimanche portait sur  trois questions :

  • le contrôle de l’immigration, soutenu par une courte majorité : 50,3% (19.000 voix)
  • la création d’un fonds pour l’amélioration du système ferroviaire, adopté à 62%
  • la suppression du remboursement des frais médicaux lors d’un avortement, suppression rejetée par 69,8 % des votants

Tous les commentaires portent sur le vote de la limitation de l’immigration et ses conséquences mais le large appui au maintien du remboursement des frais médicaux aurait mérité plus de réactions des media, à l’heure où en Europe, le droit à l’avortement est de nouveau mis en péril. Il ne faut pas faire silence sur la levée de la menace à propos d’un droit fondamental, sur l’échec d’une tentative- une de plus- d’assujettir la femme à des pratiques dictées par des préceptes religieux, sur le rejet d’imposer une vision rétrograde des droits et de la place de la femme dans la société.

Les citoyens suisses ont eu la sagesse de repousser une initiative des mouvements religieux conservateurs et des populistes - qui souvent se confondent- leur exemple mérite d’être souligné davantage. Pourquoi nos politiques, nos médias n’ont-ils pas assez relevé et salué cette décision suisse?

Elle est la bienvenue après trop d’autres initiatives malheureuses :  la nouvelle constitution Hongroise de 2011 qui bannit l’IVG, la tentative en Grande Bretagne de réduire le nombre de semaines de grossesse autorisant l’IVG, ou encore, en Irlande en 2013, la mort d’une femme empêchée d’avorter, et tout récemment le projet du gouvernement espagnol de limiter strictement le droit à l’avortement, qui a fait l’objet de protestations en Espagne et d’une importante manifestation à Bruxelles en janvier 2014.

Le vote suisse en soutien à l’avortement mérite d’être mis en évidence par ceux qui nous informent et ceux qui nous dirigent !

PS : Rappel du mécanisme de votation:

La Constitution de la Suisse dit que pour lancer une initiative de consultation populaire, il faut avoir recueilli 100 000 signatures en 18 mois. Dès que la proposition est déposée, le pouvoir l’étudie et détermine si elle est recevable. Si elle l’est, le Conseil fédéral est tenu d'organiser une votation populaire dans un délai raisonnable. Pour être adoptée, l'initiative doit être acceptée par la majorité du peuple et des cantons. C'est la double majorité.


Pour le R.A.P.P.E.L.,

Philippe Bekaert
Yvan Biefnot
Nadia Geerts
Hubert Mestrez
Françoise Palange
Jamila Si M'Hammed
Georges Verzin
Willy Wolsztajn

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