Quelle déception !

Le Ligueur, organe de défense des familles et des enfants depuis des décennies, se met à faire l’apologie insidieuse d’une forme pourtant reconnue de maltraitance des enfants ! Par l’insertion d’une image censée représenter « la diversité à l’Ecole », qui met en scène deux fillettes, une petite fille blondinette et radieuse aux côtés d’une jeune enfant complètement voilée …

Quel est le message voulu par Le Ligueur ? Veut-il faire progresser un peu plus la banalisation d’une pratique discriminante à l’égard des femmes et des filles ? Veut-il s’inscrire dans le discours de l’Islam politique qui distingue les femmes et les filles respectables, pudiques et modestes (càd voilées) Ligueurde celles qui ne le sont pas ? Veut-il occulter les voix du corps médical qui ont établi la toxicité tant physique que psychique du port du voile, et en particulier pour les enfants et les jeunes filles ? Et pourquoi mettre en avant une différence délibérément choisie (par les parents !) plutôt que celles qui se manifestent de façon incontournables comme les couleurs de peau, classes sociales, sexe et genre ? Comment Le Ligueur a-t-il pu accepter sans analyse l’hypersexualisation de l’enfance et l’instrumentalisation politique qui se cachent sous ce voile ? Pernicieuses et conservatrices, les idées de l’islam politique visent à la halalisation des mœurs. Cette publication montre qu’elles ont percolé jusque dans les milieux qui militent depuis des décennies pour le progrès social et l’émancipation des familles.

Nous sommes d’autant plus déçus par cette dérive du Ligueur que nous savons quels furent ses combats, et combien ses lecteurs lui font confiance.

Nous joignons à ce texte celui de Bahareh Dibadj, psychologue :

« La photo de deux petites filles dans une salle de classe. Une photo de sourires complices dans des couleurs pastel. Une photo douce en apparence; seulement en apparence. Il y a un peu trop de rose sur cette image. Un peu trop de rose sur la tête et les bras d’une des enfants. Elle doit avoir 6 ou 7 ans sans doute, et tout à l’heure à la récréation elle ne pourra pas courir comme son amie, de peur que son voile ne se détache; elle ne sentira pas le vent dans ses cheveux; elle ne relèvera pas ses manches si elle a trop chaud. Non, elle n’ira pas à la piscine, elle ne portera pas de short, ni de tutu.

 A un âge qui est celui de l’innocence, elle fera attention à ne pas attirer le désir des hommes. C’est bien le sens de ce voile qui la couvre, car certains ont décidé que son corps est impur. Un voile sur ses cheveux et qu’elle ne pourra pas enlever, un voile qui concerne ses bras, ses jambes qu’elle ne pourra pas dénuder. Elle est enfermée car des hommes pourraient être excités par son corps, alors que ce seraient ces hommes-là qu’il faudrait enfermer.

Une image douce dans les tons pastel qui dévoile une enfant transformée en objet, objet sexuelle. Une image sexiste qui la confine dans son genre. L’image de l’habituation à la soumission dès le plus jeune âge.

Une enfant objet, malgré elle, d’une propagande islamiste dont elle ne sait rien. Islamiste, oui, car personne d’autre ne couvriraient ainsi une enfant. 

Une enfant traitée autrement de par l’appartenance religieuse de ses parents.

Le Ligueur se fait complice de la maltraitance de cette fillette et de toute celles qu’elle représente. 

Une image infiniment violente et tout ce rose n’y changera rien !

Une dérive grave et dangereuse qui prouve encore la stratégie de banalisation de l’islamisme dont certains se font les complices (volontairement, consciemment ou non).

Un exemple encore, s’il est besoin, de l’urgence de :

« - de légiférer dans le sens de l’interdiction de tout signe ostensible d’appartenance philosophique ou religieuse dans le cadre scolaire, pour les élèves et a fortiori pour les enseignants, et ce dans tous les établissements scolaires bénéficiant de subsides publics ; 

- de mettre tout en œuvre pour préserver l’école des tentatives d’immixtion du religieux dans les décisions concernant le contenu des enseignements et les critères d'organisation de la vie scolaire, partant du principe que la méthode scientifique et le libre examen doivent continuer à y prévaloir sur tout dogmatisme ou vérité révélée. » »

Signez notre pétition !

Le R.A.P.P.E.L.

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