Assises contre l’islamisation : La laïcité, cache-sexe de la haine anti-musulmane

Les résolutions issues des « Assises contre l’islamisation » (Manifeste de Paris du 18 décembre 2010) confirment ce que tout démocrate pressentait depuis longtemps : même si certains des orateurs se revendiquent de la laïcité – d’autres étant clairement des défenseurs d’un Occident chrétien ­-, ce n’est pas du tout la laïcité qu’il s’agissait de promouvoir, mais le rejet d’un islam conçu de manière monolithique comme « la » menace.

 

 

Ainsi, c’est contre « toute avancée de l’islam sur le sol de l’Europe » que les signataires de ce manifeste s’insurgent, au nom de leur « attachement à notre civilisation plurimillénaire, à ses valeurs et à ses traditions » ; contre le « totalitarisme islamique, sexiste et homophobe, qui cherche, par la démographie et l’intimidation, à faire disparaître une civilisation humaniste ». Car à lire le manifeste cosigné par 32 partenaires, l’islam est essentiellement totalitaire.

Le R.A.P.P.E.L. condamne sans réserve cette doctrine fallacieuse et délétère qui fait de tout musulman un coupable, amalgamant ainsi une majorité de musulmans respectueux de la démocratie et des principes d’un Etat de droit à une minorité de fondamentalistes agissants. Toute religion, quelle qu’elle soit, comporte ses fanatiques, ses fous de Dieu. La laïcité constitue un rempart nécessaire contre ceux-là, qui prétendent imposer leur loi au nom de leur foi.

Le R.A.P.P.E.L. insiste sur la nécessité de lutter, avec la même énergie et la même intransigeance, à la fois contre ceux qui gangrènent la société au nom d’une foi transformée en instrument politique et ceux qui le font au nom d’une identité nationale fondée sur le rejet de l’autre.

Philipp Bekaert 
Farouk Boustami 
Sophie François 
Nadia Geerts 
André Nayer 
Michèle Peyrat 
Philippe Schwarzenberger 
Larissa Van Halst 
Georges Verzin 
Willy Wolsztajn

 

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